26 | 07 | 2022

La réservation des repas en cantine scolaire, un geste écologique et économique

Et si les collectivités locales mettaient en place un système de réservation des repas pour les cantines scolaires, afin de lutter efficacement contre le gaspillage alimentaire ?

C’est le pari lancé depuis le décret du 4 avril 2022, pris pour l'application de l’article 256 de la loi Climat et résilience du 22 août 2021. Plusieurs villes testent déjà l’idée avant de l’étendre au niveau national : Montpellier, Roubaix, Mèze et Strasbourg témoignent par exemple de l’efficacité de cette réservation.

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Les enjeux de la réservation des repas dans les cantines scolaires

En France, le gaspillage alimentaire est un fléau, que ce soit en restauration collective ou commerciale. C’est à la fois une perte d’argent pour les restaurateurs et un non-sens écologique. Heureusement, des solutions sont en train d’être expérimentées dans plusieurs collectivités et les enjeux sont importants.

Une lutte efficace contre le gaspillage alimentaire

La réservation permet de préparer un nombre adapté de repas journaliers en sachant à l’avance le nombre d’enfants présents à la cantine. Avec ce système, il est possible de diviser par 10 le nombre de repas jetés. Le ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire estime que le gaspillage alimentaire représente entre 70 et 100g par enfant lorsqu’ils mangent à la cantine. Ajoutez à cela la surestimation du nombre de repas, et ce sont ainsi 30 à 40% de la quantité des plats qui finissent à la poubelle.

Ce système de réservation permettrait de limiter drastiquement ces pertes.

Un nombre de repas maîtrisé pour une qualité supérieure

En connaissant le nombre d’élèves présents à la cantine, la restauration collective peut commander et produire au plus juste, mais aussi réinjecter les économies ainsi réalisées dans des produits de meilleure qualité, labellisés ou locaux. Ainsi, les enfants mangent mieux, gaspillent moins et le tout sans dépenser davantage. Ce mode de consommation raisonnée est bénéfique pour tout le monde. Certaines villes ont déjà vu la satisfaction des élèves augmenter rapidement grâce à ce nouveau système.

Des économies très conséquentes

Le calcul est simple, moins d’ingrédients pour moins de repas préparés, les cantines, même en améliorant la qualité des produits, dépenseront moins.

Selon une hypothèse exposée par le gouvernement, sur la base d’un établissement scolaire de 500 élèves, l’économie budgétaire serait de l’ordre de 100 000 euros après la troisième année de mise en place de ce système de réservation.

La mise en place de la réservation dans les cantines scolaires

C’est un décret du 4 avril dernier qui fixe le cadre de l’expérimentation de cette solution de réservation en restauration collective. Cette phase de test permet d’en évaluer les effets dans les cantines scolaires et dans la restauration collective en général.

Pour participer à cette expérience, il suffit d’en faire la demande au préfet de votre région avant le 1er juillet 2023 en remplissant un dossier.

La phase de test dure six mois minimum et le dossier d’inscription peut se faire sur la rubrique auto-diagnostic de ma-cantine.

Comment effectuer la réservation ?

Pour les parents d’élèves, il suffit de réserver sur Internet les repas pour l’année. Pour laisser une certaine flexibilité aux parents, il est possible d’annuler une réservation une semaine à l'avance.

Nul doute que cette petite contrainte d’organisation ne sera pas une grande gêne pour les parents tant le bénéfice écologique et qualitatif pour l’enfant est important.

Un système de réservation dans la lignée de la loi EGalim

Ce système de réservation s’inscrit dans les objectifs de la loi EGalim qui vise à réduire le gaspillage, mais aussi promouvoir une alimentation saine et respectueuse de l’environnement.

Des élus moins enthousiastes  

Des élus pointent du doigt le côté contraignant d’un dispositif au niveau national. Certaines collectivités regrettent le cadre juridique d’une loi nationale alors qu’elles ont déjà pris des mesures au niveau local. Ce décret viendrait, selon certains élus, entraver le principe de libre administration.

Ce projet nécessite en outre des moyens humains pour gérer les réservations et communiquer avec les familles.

Mais sur le principe, tout le monde s’accorde pour saluer les bénéfices sur le plan écologique de la réservation des repas en cantine scolaire.